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La MPOC devrait être une priorité

ARRIÈRE-PLAN

D’après une récente étude pilote1, la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) compte parmi les principales causes d’hospitalisation; elle est responsable d’un taux d’hospitalisation plus élevé que l’infarctus du myocarde aigu et la pneumonie. Pour optimiser les soins offerts aux patients atteints de MPOC ou d’autres maladies chroniques, la priorité ne doit pas être seulement la gestion de l’événement aigu, mais surtout la prévention de ces événements avec une approche de gestion des maladies chroniques.

 

 

La MPOC devrait être une priorité parce que :

  • La MPOC deviendra la troisième cause de décès en 2020 (GOLD) .
  • La MPOC est une épidémie : comme c'est le cas pour l'infarctus du myocarde dans les maladies cardiovasculaires, on peut traiter et prévenir les exacerbations liées à la MPOC. De plus, un traitement précoce peut réduire les risques de complications, incluant les hospitalisations, les décès prématurés et la piètre qualité de vie 2.
  • Nous disposons de lignes directrices sur les meilleures pratiques en matière de traitements pharmacologiques et non pharmacologiques, conçues pour optimiser les soins prodigués aux patients. Cependant, ces lignes directrices ne sont pas nécessairement mises en application dans la pratique : il y a des écarts dans les soins.
  • Les exacerbations de la MPOC sont la première cause d'hospitalisation, devant les maladies cardiovasculaires, et ce, d'après une étude visant 10 établissements hospitaliers du Canada. (LINK)
  • Les exacerbations sont à la MPOC ce que l'infarctus du myocarde est à la maladie cardiovasculaire : 22 %-43 % des patients hospitalisés en raison d'une exacerbation de la MPOC décèdent en moins d'un an, tandis que 25 %-38 % des patients meurent moins d'un an après un premier infarctus du myocarde3,4. Les patients atteints de MPOC ont en moyenne deux exacerbations par année. Les exacerbations sont des événements excessivement stressants qui ont un grand impact sur l'état de santé, entraînent la perte de maîtrise des symptômes et diminuent la capacité à mener des activités quotidiennes.
  • Lorsqu'une exacerbations de MPOC est détectée en salle d'urgence, un processus normalisé devrait être en place pour les traiter le patient. Il ne suffit pas de traiter l'exacerbation; il faut saisir l'occasion d'améliorer la gestion de la maladie chronique sous-jacente, ce qui inclut la pose d'un diagnostic, l'évaluation du stade de la maladie et sa sévérité, ainsi que la prévention et le traitement précoce de futures exacerbations.

Bonne nouvelle : lorsqu’on traite une exacerbation tôt en optimisant le traitement de la MPOC, on peut prévenir des exacerbations ou, au moins, leurs complications.



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[1] K.R. Chapman. M. Buthan, J. Bourbeau et al. The hospital burden of COPD in Canada. Abstract 1137. ATS 2010.

[2] O'Donnell DE, Aaron J., Bourbeau J. et al. Canadian Thoracic Society recommendations for management of chronic obstructive pulmonary disease - 2007 update. Can Respir J 2007;14(Suppl B):5B-32B.

[3] Almagro P, Calbo E, Ochoa E et al. Mortality after hospitalization for COPD. Chest 2002; 121(5):1441-1448.

[4] Thom T, Haase N, Rosamond W et al. Heart disease and stroke statistics--2006 update: a report from the American Heart Association Statistics Committee and Stroke Statistics Subcommittee. Circulation 2006; 113(6):e85-151

Les exacerbations sont à la MPOC ce que l’infarctus du myocarde est à la maladie cardiovasculaire.